Lettre adressée au Maire demandant l'nterdiction des cirques avec animaux dans la commune

Publié le par Aymeric Perraud

Lettre adressée au Maire demandant l'nterdiction des cirques avec animaux dans la commune

Monsieur Le Maire,

A l'heure où les politiques nationale, européenne et internationale s'accordent pour reconnaître une place de plus en plus importante au bien-être animal, la présence des animaux dans les cirques engage également la responsabilité des municipalités du fait de leur obligation de faire appliquer la législation en vigueur sur leur territoire.

L'animal dans un cirque est contraint de survivre dans un milieu parfaitement inadapté à sa nature. L'exiguïté des cages, l'impossibilité de fuir, de former un groupe social équilibré et de développer une panoplie de comportements propres à son espèce, sont autant de facteurs de souffrances qui lui rendent l'existence particulièrement pénible.

À cette captivité forcée, s'ajoute la soumission à un dressage, le plus souvent violent, qui, en tout état de cause, nie la nature de l'animal. Il s'agit, en effet, de faire "plier" l'animal afin de le forcer à adopter une posture ou un comportement auquel il répugne puisque contraire à sa nature. Ce dressage repose sur une technique diaboliquement simple et efficace : la douleur infligée par le dresseur en cas de refus de l'animal doit être plus intense que la douleur ressentie par celui-ci lors des numéros qui l'avilissent. L'éléphant, l'ours ou le chimpanzé se résigne à faire ce que l'homme lui impose, par peur d'une douleur plus intense, celle née des coups. Ainsi, les instruments telle que la pique ou ankus employée pour soumettre les éléphants, sont-ils constamment utilisés afin de rappeler à l'animal les représailles violentes et douloureuses encourues en cas de refus de s'exécuter.

Les réactions de l'animal, face à ces conditions de détention et de coercition, sont principalement :

  • La résignation dans la folie : L'animal sombre dans un état dépressif, amorphe et présente des troubles du comportement tels le léchage des parois de sa cage (primates, fauves…), le balancement d'une patte sur l'autre (éléphants, hippopotames…), les allers-retours incessants (félins), dodelinement de la tête (éléphants, ours…), les automutilations (primates, perroquets), etc…
  • La fuite : lions (Bas-Rhin, 2000 –- Lyon, 2001 - Marseille, 2002), hippopotames (Ile de France, 2000 - Somme, 2004), macaque (Bouches-du-Rhône, 1999), éléphants (Lyon, 2000), tigres (Paris, 1999 - Nantes, 2000), etc…
  • L'attaque et l'agressivité extrême à l'égard des humains : ours (Paris, 1998 - Lyon, 1998), tigres (Strasbourg, 1997 –- Toulouse, 2003), chimpanzé (Gironde, 2004), éléphants (Béziers, 1964 - Paris, 2001 - Sorgues, 2006), etc…

Bien que contraire à l'équilibre biologique de l'animal, ainsi qu'en témoignent ces troubles du comportement, la détention est autorisée en France sous réserve d'obtention d'une autorisation administrative dénommée ‘"Certificat de capacité".

Ce certificat reconnaît la compétence de son possesseur à "assurer la responsabilité de l'entretien d'espèce d'animaux non domestiques". Pour autant, la détention d'un tel certificat ne garantit en rien que l'animal soit élevé conformément à ses besoins naturels. En d'autres termes, la délivrance de ce "diplôme" ne garantit ni le respect de l'équilibre physique et psychique de l'animal ni, bien évidemment, sa liberté de mouvement. Le législateur a ainsi fait l'impasse sur cette inadéquation pourtant flagrante existante entre les conditions de détention imposées aux animaux par la vie itinérante des circassiens et les exigences comportementales de chaque espèce. Le certificat de capacité légitime cette nouvelle forme d'esclavage, mais ne l'abolit pas.

Un système aussi vide de réflexions éthologiques ne saurait évidemment fonctionner correctement ; ainsi, nombreux sont les circassiens qui détiennent des animaux, dont certains dangereux, sans cette autorisation administrative. Et malgré les multiples procès verbaux dressés à leur encontre, aucun animal n'a jamais été retiré.

Cette absence de saisis confirme dès lors que, non seulement, le certificat de capacité n'a aucune utilité mais encore et de manière classique, que lorsque des intérêts économiques sont en jeux, l'État ne souhaite pas à intervenir en faveur de l'animal. Le cas de la douzaine d'hippopotames illégalement détenus en France est symbolique de l'inertie délibérée des pouvoirs publics. Possédés en fraude à la réglementation, dans des conditions considérées par des vétérinaires comme ‘"des conditions de misère physiologique" ‘ s'étant plusieurs fois évadés alors qu'ils sont considérés comme les animaux les plus meurtriers d'Afrique, ces hippopotames n'ont, à ce jour, fait l'objet d'aucun retrait.

C'est pourquoi, au vu des observations qui précèdent, il apparaît légitime de se poser certaines questions telles que :

  • Doit-on attendre la mort de l'animal pour le sortir d'un établissement ?
    • Doit-on attendre la mort d'un enfant pour s'interroger sur la détention d'animaux dangereux ?
    • Quel intérêt y a-t-il à posséder un certificat de capacité et à faire des contrôles administratifs ?
    • Pourquoi s'encombrer d'études sur la vie misérable de ces animaux et multiplier les concertations si l'État s'évertue à perpétuer cet esclavage ?

De nombreuses communes françaises (UMP, PS et même Communistes) ont déjà choisi de ne plus recevoir de cirques, refusant ainsi de cautionner le mode de vie qu’ils imposent aux animaux. C’est pour cela qu’il est de votre devoir de prendre un arrêté stipulant l’interdiction d’installation des cirques avec animaux sur le territoire de notre commune.

Veuillez agréer, Monsieur Le Maire, l'expression de mes salutations distinguées.

Aymeric Perraud

Président du Groupe FN au Conseil Municipal de Montigny-lès-Metz

Publié dans Montigny-lès-Metz

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Dominique 18/06/2015 14:05

lettre du FN