Rythmes scolaires : la réforme toujours refusée

Publié le par Aymeric Perraud

Rythmes scolaires : la réforme toujours refusée

C’est toujours non. La majorité Bohl refuse d’appliquer la loi sur les rythmes scolaires à la rentrée. Elle demande une dérogation au nom du droit à l’expérimentation. Et si elle est refusée ?, s’inquiète l’opposition PS-PCF.

La réforme des rythmes scolaires ne passera pas par Montigny. Du moins, c’est la position de l’équipe Bohl. Elle a rappelé le mouvement de grève des enseignants et des parents en novembre et ses précédentes démarches, jeudi soir, au conseil. En décembre, elle a demandé, au ministre Vincent Peillon, une dérogation. Avec un ultimatum à la clé : sans réponse de sa part fin janvier, elle considérerait sa non-réponse comme un accord tacite. Le courrier officiel du ministère de l’Éducation nationale est tombé seulement en mars, mais c’était toujours non. La réforme devrait donc être obligatoire en septembre.

Sauf que la Ville a proposé jeudi soir une nouvelle riposte. Cette fois, il s’agit de rester à la semaine des quatre jours, mais au nom du droit à l’expérimentation prévu par l’article 37-1 de la Constitution. Elle met notamment en avant le fait que l’ensemble privé Jean-XXIII de Montigny restera à la semaine des quatre jours. Ce qui pourrait pousser les parents du public hostiles à l’école du mercredi matin à opter pour le privé.

« Vous nous dites : On a le droit de reporter la réforme , observe Pierre Bonati (PS). Mais le ministère vous a tout de même répondu… » Il n’imagine pas l’État assimiler quasiment dix ans de semaine de quatre jours à une expérimentation. L’affirme : « Je n’ai aucun doute que la semaine de 4,5 jours va s’appliquer à la rentrée. » Et s’interroge : « Je ne suis pas sûr que, si on continue cette résistance, on obtienne les financements. Préparer cette semaine, c’est prévoir les budgets, les créneaux, les activités. J’ai peur que les parents et les enfants paient les pots cassés à la rentrée. »

Irma Vollmer (PCF) regrette qu’« il n’y ait pas plus d’éléments » sur la préparation de cette réforme à la rentrée (coûts, organisations, projets…). Et cultive les mêmes doutes. « Est-ce que l’intérêt de l’enfant est bien pris en compte ? »

Aymeric Perraud (FN), lui, voit plus loin et s’offre une envolée idéologique : « Quand on arrivera au pouvoir prochainement, on considérera que la semaine des quatre jours est un bon emploi du temps pour les élèves. L’école doit revenir un lieu d’apprentissage, loin des délires de la gauche. »

Nouvelle adjointe aux affaires scolaires, Aude Grégoire répond sur tous les tableaux. National et local. « Une réforme dans la concertation nationale nous aurait plus plu. Rassurez-vous, les services ont travaillé. » Et tente une ouverture : « On pourrait faire comme à Metz, une étude qualitative sur la réforme, ses avantages et ses inconvénients. »

« Cette réforme, personne n’en veut ! , tranche le maire UDI Jean-Luc Bohl. Je ne suis pas un rebelle, ça se saurait ! Je suis à l’écoute du terrain. »

À l’écoute du terrain, oui, de l’opposition, un peu moins. Christine Tison (PS) lève la main : « Je peux parler ?

– Non. Pierre Bonati a parlé deux fois, ça suffit pour votre groupe. Les groupuscules ont parlé, la messe est dite. »

La motion municipale est votée par la majorité, les six opposants s’abstiennent.

Jean-Luc Bohl, maire de Montigny : « Je ne suis pasun rebelle,ça se saurait ! »

O. J.

Publié dans Articles de presse

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