Montigny adopte la réforme scolaire malgré tout

Publié le par Aymeric Perraud

Montigny adopte la réforme scolaire malgré tout

C’est officiel. Les parents ont été prévenus la semaine dernière, les élus jeudi soir en conseil municipal. Montigny-lès-Metz adopte le passage aux 4,5 jours d’école. « Nous avons pris nos responsabilités », résume Jean-Luc Bohl.

A la rentrée de septembre, les élèves des douze écoles de Montigny passeront à la semaine des 4,5 jours. Ils connaîtront l’école du mercredi matin et le périscolaire l’après-midi. Le conseil municipal a adopté jeudi soir la nouvelle organisation et ses tarifs.

« Nous avions une organisation qui tournait bien, regrette Aude Grégoire, adjointe aux Affaires scolaires. Nous nous engageons à mettre en place un périscolaire de qualité. »

Trois associations sont engagées dans le périscolaire : Loisirs et Culture, l’association des Cheminots et Marc-Sangnier.

• « TRAHISON ». – Cette délibération a porté sur l’après-réforme et non sur la réforme en elle-même, imposée par décret. Pourtant, Jean-Luc Bohl, au nom de son équipe, en avait fait son cheval de bataille depuis un an. Il avait voulu obtenir une dérogation, au nom du droit à l’expérimentation locale. Il avait aussi pris la tête de la fronde des élus du Pays messin. Tout ça pour ça ?

Pour le FN, ce n’est pas l’acceptation du réel, mais une « trahison ». « Le maire a été élu sur un mensonge en promettant, lors de la campagne municipale, de demander au ministère de l’Éducation cette fameuse dérogation. Or, le ministre l’oblige à appliquer cette réforme », a lu Aymeric Perraud. Avant d’ajouter : « Jean-Luc Bohl oublie finalement que ce sont les parents qui payeront la facture. »

• « SERVICE MINIMUM ». – « Cela fait des mois que vous jouez les Don Quichotte sur ce dossier. Cela fait des mois que vous résistez et que vous reculez mais pour moins bien sauter. Je dis "moins bien" car faute d’avoir préparé cette réforme au long cours, vous nous présentez ce soir le service minimum de la prise en charge des enfants, ficelée à la va-vite », tranche pour sa part Pierre Bonati (PS). Il y voit « les stratégies politiciennes de l’UMP ». Et s’interroge encore sur les occasions gâchées : « Lorsque vous avez compris que la principauté de Montigny ne bénéficierait pas d’un traitement différencié du reste de la Nation, avez-vous fait une demande de financement auprès des services de l’État ? Avez-vous déposé un projet éducatif auprès de l’Éducation nationale ? Allons-nous bénéficier de l’aide financière du ministère ? »

Irma Vollmer, pour le PCF, est sur la même longueur d’onde. Elle interpelle notamment le conseil sur le choix du mercredi, et non du samedi.

• « ADAPTABILITÉ ». – Jean-Luc Bohl, lui, ne regrette rien. « Si c’était à refaire, je le referais. La majorité des maires de France que j’ai rencontrés [au sein de l’association du même nom] stigmatisent cette politique. Ce décret a divisé les Français, je n’ai pas fait de promesses inutiles. »

C’est vrai, reconnaît pourtant le maire à demi-mot, « on aurait pu l’appliquer il y a un an ». Mais l’intérêt était politique, le combat mené au nom de toutes les communes qui n’avaient pas les moyens de mettre en place la réforme. Il lui permet de trouver des éléments de victoire dans une défaite annoncée. « La preuve que ce décret était mal pensé, il y a eu des assouplissements. Il était important de mettre de l’adaptabilité. »

Bref, le combat était pour la cause, tandis que dans les coulisses, tout était prévu. « Quoi qu’il arrive, rassure Jean-Luc Bohl, nous sommes prêts pour la rentrée, les parents peuvent être sereins ! » Avant de nuancer : « Même s’il y aura probablement des difficultés… »

La motion est adoptée, sans les voix de l’opposition.

Olivier JARRIGE.

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