La reconduction de Mme Fioraso, une insulte et une provocation

Publié le par Aymeric Perraud

La reconduction de Mme Fioraso, une insulte et une provocation

La reconduction de Mme Fioraso est une énième provocation de l’exécutif à l’égard de l’université et des étudiants. Alors que celle-ci fait presque l’unanimité contre elle dans le monde universitaire, MM. Hollande et Valls ont le culot de renouveler Mme Fioraso dans ses fonctions de secrétaire d’État à l’enseignement supérieur et à la recherche.

En avril dernier une pétition d’enseignants-chercheurs (qui a recueilli 11000 signatures soit 11% de la communauté universitaire) dénonçait la ministre et sa politique de saccage de l’enseignement supérieur, continuant celle entreprise par la majorité précédente : poursuite de la LRU (loi sur l’autonomie des universités, qui s’est avérée catastrophique, puisqu’elle transférait des compétences, sans les moyens), absence de concertation avec le monde enseignant, soumission du système universitaire français à l’anglais (avec la fin de l’obligation de cours en français pour rendre la France plus « attractive », alors même que les sondages réalisés auprès des étudiants étrangers placent l’apprentissage du français dans le top 3 des critères d’attractivité…).

La politique de Mme Fioraso conduit certaines universités (l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines ou Montpellier 3) à frôler la cessation de paiement, à rogner sur certaines dépenses essentielles, ou à fermer des antennes locales… C’est donc l’idée même de service public qui est touchée. Par son refus de toute sélection avant la deuxième année de Master, elle organise la liquidation du monde universitaire, et un enseignement supérieur de plus en plus inégalitaire : grandes écoles privées et filières universitaires dérogatoires sélectives d’un côté, licences qui n’offrent à la plupart des étudiants qu’un enseignement universitaire dévalorisé de l’autre.

Le Collectif Marianne dénonce cette reconduction, qui démontre le désintérêt voire le mépris que porte les plus hauts personnages de l’État pour la communauté universitaire et pour l’enseignement supérieur lui-même, alors que c’est un élément essentiel et nécessaire au redressement du pays.

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